4000 personnes ont défilé dans les rues de Saint-Quentin le samedi 15 octobre. Une délégation de 90 victimes italiennes de l’Afeva était présente.
Mobilisation exemplaire
Ni la distance, ni la fraicheur de la température n’ont su faire reculer les militants de l’Andeva qui s’étaient donné rendez-vous le samedi 15 octobre à Saint
Quentin.
Au final, ce sont 45 cars qui sont allés déverser leurs occupants devant le palais des sports de la sous préfecture picarde. Pour se faire une idée du niveau de
cette mobilisation, il suffit de savoir qu’on en dénombre généralement une cinquantaine chaque année à Paris.
Parmi ceux là, certains manifestants en provenance d’Ardèche et d’Isère étaient même arrivés le jour précédent. Arrivés de plus loin encore, 90 citoyens d’Italie en
provenance de Casale Monferrato et Cavagnolo avaient fait étape la veille à Paris avant de gagner la Haute Picardie. Ajoutons à cela les centaines de personnes arrivées par le train et celles,
plus nombreuses encore, venues à bord de véhicules légers, personnels ou de location, et on pouvait dénombrer ce jour là plus de 4000 manifestants venus protester sous les fenêtres de Xavier
Bertrand.
« C’est énorme ! » s’est ainsi exclamé malgré lui l’un des responsables présents de la police nationale qui n’en revenait pas devant un tel
déploiement.
Pourtant, l’encadrement policier, à la fois beaucoup plus voyant et sensiblement plus nerveux que lors de nos précédents défilés parisiens, n’était pas vraiment en
reste. A croire que les casernes de Picardie avaient été vidées pour l’occasion. Au contraire des habitants de Saint Quentin qui semblaient eux avoir été prévenus de l’invasion et invités à fuir
les lieux. Ce n’est que dans la seconde partie du trajet que nous avons pu les rencontrer, avant d’apprendre que certains d’entre eux, touchés par l’amiante au travers des entreprises locales,
avaient tenu à intégrer le cortège dès le départ.
Une pizza sous haute protection
Pendant ce temps, Xavier Bertrand se régalait d’une pizza en plein air dans une zone que le premier parcours déposé par l’Andeva devait emprunter et qui nous avait
été interdite sur le tard. Nul doute que si cet argument massue nous avait été communiqué plus tôt, nous nous serions déroutés de nous même, soucieux de ne pas perturber l’appétit du ministre
!
Un peu plus tard, alors que le menaçant cortège de l’Andeva s’apprêtait à investir le centre ville, monsieur Bertrand s’en est allé un peu plus loin inaugurer une
salle de l’école de musique, activité artistique dont on prétend qu’elle adoucit les mœurs. Précisons que lors des périlleux déplacements de ce jour, monsieur Bertrand avait pris soin de
s’entourer de 6 camionnettes de gendarmes mobiles…
Pour quelqu’un qui n’hésite pas à se poser publiquement comme un "défenseur des victimes", l’anecdote peut faire sourire...
Si les manifestants, au terme d’interminables palabres, avaient finalement été autorisés à se rendre sur la place de l’Hôtel de ville, le camion sono prêté par nos
amis mineurs de Lorraine n’a pas pu y entrer par la faute de plots rétractables que la municipalité avait refusé de faire baisser, ne serait-ce que pour une demi heure. C’est donc à l’aide d’une
sono portable que le président Pierre Pluta en compagnie de veuves de l’amiante de France et d’Italie a animé une émouvante cérémonie du souvenir devant la stèle installée pour l’occasion. Puis
ce sont plus de 25 000 effigies de papier distribuées un peu plus tôt dans le cortège qui ont été dispersées sur la place.
Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la rue de la Sellerie, attenante à la place de l’Hôtel de ville, ou avait été installé le camion podium qui attendait
les derniers intervenants.
François Martin de Condé sur Noireau est intervenu pour la Fnath, puis c’est Assunta Prato de Casale Monferrato qui est venue au micro nous apporter le soutien de
nos amis italiens de l’AFEVA. Eux qui attendent toujours la mise en place chez eux d’un système équivalent à notre Fiva voient certainement d’un très mauvais œil la remise en cause de son juste
fonctionnement actuel.
Avant de clôturer la journée, Pierre Pluta a d’ailleurs invité Nicola Pondrano et Bruno Pesce, les dirigeants de l’association des victimes italiennes à le rejoindre sur le podium pour être salués comme ils le méritent.
Dans son intervention finale, il ne s’est pas privé de dénoncer l’accueil déplorable qui avait été fait ici aux victimes de l’amiante par la municipalité. Une
municipalité pour laquelle les victimes de l’amiante n’étaient manifestement pas les bienvenues !
Mais au final, c’est quand même la satisfaction qui l’emportera. Car l’inébranlable détermination des militants de l’Andeva, la formidable capacité de mobilisation
des associations locales, la belle fraternité franco italienne et la dignité des participants auront une nouvelle fois fait de cette manifestation nationale une indéniable réussite.
ALLO AMIANTE était représentée
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