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Après l'interdiction de fabrication et de commercialisation de l'amiante (depuis le 1er janvier 1997), il s'agissaitt d'éliminer les millions de tonnes et de mètres carrés utilisés et placés dans pratiquement tous les secteurs d'activité. Plus de 15 ans après l'interdiction, de nombreux édifices, publics ou privés, sont encore porteurs de matériaux amiantés plaçant les salariés appelés à intervenir ou les riverins à proximité sous le risque de contamination. Comme nous le dénonçons dans nos différents articles, des mesures législatives sont à prendre, les opérations de désamiantage recentrées (plus de 70% selon l'INRS sont réalisées dans de mauvaises condirtions).

En pleine phase de "réparation" un autre facteur est à prendre en considération: "l'élimination complète et définitive du poison responsable de tant  de victimes. 

Quelques exemples des études en cours:

En France la quantité des déchets d'amiante non liés est évaluée à environ 200 000 tonnes et  20 millions de tonnes d'amiante-ciment. Au Japon, les déchets d'amiante-ciment sont d'environ 40 millions de tonnes et en Pologne d'environ 15 millions de tonnes stockés dans les décharges.

La seule installation de destruction des déchets d'amiante en France est une torche à plasma de la Société Europlasma, financée en partie par EDF. Elle est située à Morcenx dans les Landes et elle a une capacité de traitement annuelle de 7 000 tonnes pour un prix de 1500 € la tonne soit 10 fois le prix actuel du stockage des déchets d'amiante. En 2010, elle a traité 5 000 tonnes de déchets amiantés.

Les méthodes chimiques actuellement recensées sont basées sur des attaques chimiques par des acides forts à froid ou à chaud suivant les méthodes.

Méthode N° 1 : amorphisation complète de l'amiante à basse température par Daniel JOUBERT (France). Publication du 11/08/2011. Demandeur du procédé : TECHME SARL 6 rue Michel de Bourges 75020 Paris.

La méthode s'applique à toutes les formes de déchets d'amiante et la matière obtenue ne présente plus de dangers pour la santé humaine. Le traitement se fait en deux étapes. D'abord le déchet d'amiante est imprégné, soit par pulvérisation ou par trempage, d'une solution aqueuse de silicate de sodium avec des additifs tensio-actifs et des solutions complexantes. Ensuite, le matériau obtenu est séché dans un four ventilé à 400°c pendant 1 à 5 heures en fonction du volume traité. Cette technique n'a été testée qu'en laboratoire sur des échantillons de flocage d'amiante de 0,5 gramme.

Méthode N° 2 : destruction de l'amiante à chaud avec synthèse conjointe de rhabdophane par Joëlle CARPENA et Jean Louis LACOUT. Déposant : Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) 3 rue Michel Ange 75016 Paris. Date de la publication : 05/05/2011.

La méthode s'applique à toutes les formes de déchets d'amiante et utilise de l'acide nitrique à une concentration molaire (1 N). Il faut ajouter du fluorure de calcium et des phosphates de terre rare (lanthane par exemple) pour obtenir de la rhabdophane qui est une matière fluorescente valorisable. Le déchet est mis dans un autoclave à 200°C pendant 48 h. Cette technique n'a été testée qu'en laboratoire sur de petites quantités de déchets amiantés.

Méthode N° 3 : destruction de l'amiante non liée par le fréon par K. Yanagisawaa. Laboratoire de recherche de chimie hydrothermale, faculté des sciences de KOCHI (Japon). Date de la publication : 02/05/2011.

Cette méthode utilise le processus de destruction des gaz fréon en stockage au Japon. La décomposition du fréon permet d'obtenir un mélange de gaz chlorhydrique et fluorhydrique avec de la vapeur surchauffée à 800°C. Ce gaz très toxique est mis en contact 30 minutes avec les déchets d'amiante. Le fréon et l'amiante sont simultanément décomposés par cette technique. L'étude a évalué qu'avec les 30 usines en fonctionnement en ce moment au Japon pour détruire les stocks de fréon, 1200 tonnes de fréon et 550 tonnes d'amiante pourraient être détruites par an. La publication s'appuie uniquement sur des essais en laboratoire avec des échantillons de déchets d'amiante de 10 grammes environ.

Méthode N° 4 : destruction des déchets d'amiante par trempage dans l'acide sulfurique à froid pendant environ 1 mois par Mohamed Ali SAADA, Michel SOULARD, Joël PATARIN, Robert-Charles REGIS. Institut de Science des Matériaux de Mulhouse (CNRS), 3 rue Alfred Werner 68093 Mulhouse Cedex et Société Méditerranéenne des Zéolithes, 7 rue Auguste Comte 34000 Montpellier. Date de publication : 16/03/2009.

Après différents essais, il est apparu que le traitement optimum pour la destruction des déchets amiantés sous forme de tresses et de plaques d'isolation est le trempage pendant 1 mois  dans l'acide sulfurique à environ 200 grammes par litre d'eau. Après séchage à 70°C, le matériau obtenu peut servir de source de silice pour fabriquer des zéolithes de synthèse. Cette technique a été uniquement expérimentée en laboratoire sur quelques grammes d'échantillon à la concentration de 10 ml de solution d'acide sulfurique par gramme de déchets d'amiante.

Ce procédé est valorisé par l'ADEME qui indique avoir fait procéder à des essais sur des quantités de l'ordre du kilogramme avec comme objectif de faire fabriquer un prototype industriel dans un horizon de 3 à 5 ans.

Remarque : Pour évaluer la capacité de ce traitement, j'ai fait un calcul simple en partant du volume d'une piscine olympique (environ 3 000 mètres cubes) que l'on remplirait de la solution d'acide sulfurique. On pourrait y mettre 300 tonnes de déchets d'amiante pour respecter le dosage prévu par les études de laboratoire, soit un traitement d'environ 3 600 tonnes par an.

Méthode N° 5 : destruction des déchets d'amiante par l'acide chlorhydrique à chaud par le Professeur Michel DELMAS. ENSACIET Toulouse.

Pas trace de publication sur Internet mais un exposé fait le 10/05/2010 pour CINEA 84 et qui est resté un certain temps sur son site Internet. Ce scientifique indique dans l'exposé qu'il demanderait une aide à Eternit pour développer son procédé.

Enfin, il faut citer un procédé développé par deux scientifiques Polonais : Ryszard PAROSA  et Ewa BLAZEJOWSKA de la Société ATON-HT SA qui proposent une technique de four à micro-ondes transportable qui transforme les déchets d'amiante en chauffant à 1 000°C. Ce four ne peut traiter que quelques kilogrammes de déchets mais le temps de traitement n'a pas été indiqué. Les produits sont valorisables sous forme de produits pour la rénovation des routes.

Notre avis actuel en fonction des éléments recueillis :

Seul le procédé N° 4 utilise un acide fort présentant un minimum de risques pour les intervenants et l'environnement car l'acide sulfurique à 200 grammes par litre est peu volatil et son retraitement avant rejet est simple et bien maîtrisable. Cet acide est disponible partout en France et est peu couteux. Il est utilisé sur de nombreux sites industriels, en particulier pour préparer de l'eau déminéralisée (AREVA la Hague, EDF Flamanville pour le nord cotentin, etc..).

Ce procédé est bien adapté pour traiter de grosses quantités de déchets d'amiante, par contre, ce traitement doit être complété pour l'adapter à l'amiante-ciment car il ne fonctionne bien que sur les déchets d'amiante non liés. Les produits de décomposition obtenus sont valorisables (zéolites) ce qui réduit le coût du traitement et le volume des déchets ultimes.

Ce procédé de transformation de l'amiante est soutenu par l'ADEME et un pilote aurait été développé mais je n'ai pas trouvé de trace de résultats d'étude sur Internet

A suivre, nous vous tiendrons au courant de l' avancée de ses études

 

Tag(s) : #Prévention

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