Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Dans une intervention le 23 juillet dernier devant les salariés des chantiers navals de St Nazaire Monsieur SARKOZY en a mis une petite couche.  

L'objet était d'apporter du travail aux chantiers, le Président a fait état de commandes certaines et prochaines de navires, ne boudons pas et attendons de voir, le secteur est très inquiet et c'est une bouffée d'oxygène bien compréhensible.

C'était incontournable le propos a été conclu par l'actualité et, la réforme des retraites. En abordant le sujet brulant de la pénibilité autour des 20% d'IPP l'orateur c'est interrogé sur l'intérêt d'établir une distinction entre les personnes touchées par l'amiante et celles qui ont été "simplement" exposées ? Cela ne peut qu'inquiéter les victimes de l'amiante, voila nos remarques:

 

Une telle mesure viderait totalement le dispositif de cessation anticipée des travailleurs de l’amiante de sa substance, puisque 90 % environs des allocataires y entrent par la voie de l’exposition et 10 % seulement en raison de leur pathologie professionnelle. Cet écart important s’explique tout simplement par le fait que l’exposition à l’amiante, comme à l’ensemble des substances cancérogènes, provoque des pathologies à effets différés qui ne surviennent que longtemps après l’exposition, et bien souvent après l’âge de la retraite. Un système de préretraite basé uniquement sur la reconnaissance d’une pathologie professionnelle serait donc totalement inopérant s’agissant des expositions à des substances cancérogènes. En outre, ajoutons qu’un tel dispositif, assorti d’un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) de 20 %, comme le prévoit le gouvernement, est encore plus inepte : à ce niveau-là d’IPP, les malades de l’amiante, comme d’ailleurs la plupart des personnes reconnues en maladie professionnelle, ne sont plus au travail, mais en invalidité ou en inaptitude médicale.

Cette distinction entre malades de l’amiante et personnes exposées a été proposée pour la première fois dans les pistes de réformes d’un rapport de la Cour des Comptes publié en mars 2005. Mais l’ensemble des rapports – parlementaires comme de mission gouvernementale – qui ont examiné attentivement les raisons d’être et le fonctionnement du dispositif, ont tous rejeté cette mesure pour les raisons développées ci-dessus.

Parce que la catastrophe de l’amiante, est emblématique de la responsabilité des entreprises et de la faillite du dispositif de préventiondes risques professionnels : depuis les années 60, il n’était plus contestable que l’amiante était cancérogène et que des mesures de prévention draconiennes s’imposaient. Le lobbying des industriels et le laisser-faire des autorités sanitaires sont responsables de l’ampleur du drame. Il est donc parfaitement légitime que les uns et les autres en assument les conséquences, y compris celle de permettre à ceux qui doivent vivre le restant de leurs jours avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, de pouvoir bénéficier d’un minimum de retraite.

Parce que l’amiante représente l’exposition professionnelle la mieux renseignée: Techniquement, il est donc parfaitement possible de bâtir un dispositif complémentaire, améliorant le  dispositif actuel, trop grossier et descriminatoire, pour permettre à l’ensemble des personnes exposées à l’amiante, de bénéficier d’une cessation anticipée d’activité. C’est le sens de la réforme que nous réclamons avec la Fnath et l’ensemble des organisations syndicales.

Avant de détruire il serait plus rationnel de chercher ce qui pourrait étre  amélioré surtout lorsque l'on parle de mesures plus justes! 

 

 

 

 

Tag(s) : #Informations ACAATA

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :