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Par le biais de l'article paru dans le journal l'humanité,  nous avons relaté les positions inadmissibles de certains pays dans le cadre de la CONVENTION DE ROTTERDAM qui se tenait à Genève. En regard du nombre de victimes dans le monde, il nous a semblé essentiel d'apporter les précisions utiles. nous ferons cela en 3 actes voici le deuxième

Sept gouvernements appuient leurs marchands d’amiante


Le premier producteur, premier exportateur mondial d’amiante – la Russie – ne veut pas « d’obstacle bureaucratique » au commerce de l’amiante. Le gouvernement russe veut que ses industriels puissent déverser ses 750 000 tonnes annuelles (chiffre de 2011) sur ses pays satellites et les grands pays d’Asie. La Russie elle-même continue à utiliser massivement son amiante même si elle a « réduit » sa consommation à 250 000 tonnes par an.

Quelques pays de l’ex-URSS : le Kazakhstan, lui-même producteur d’amiante (200 000 tonnes par an), le Kirghizistan et l’Ukraine ont été convaincus par le puissant voisin d’appuyer la démarche douteuse.

L’Inde est le plus grand importateur mondial d’amiante (300 000 tonnes par an) ; seule la Chine consomme encore plus d’amiante. Le gouvernement indien prend ainsi une décision extrêmement grave : refuser d’informer sa propre population des dangers de l’amiante importée. La situation en Inde est paradoxale : la Cour Suprême y a rendu un arrêt en 1995 enjoignant l’industrie de l’amiante de respecter la Convention de l’Organisation Internationale du Travail et un nouvel arrêt en 2011 où la Cour demande au gouvernement d’intervenir en matière de prévention et d’envisager l’interdiction de l’amiante. Le gouvernement indien préfère écouter ses industriels de l’amiante-ciment.

Le Vietnam importe environ 60 000 tonnes d’amiante par an, principalement en provenance de la Russie ; la législation de protection y est inexistante.

La position du Zimbabwe est sordide. Le Zimbabwe était un gros producteur d’amiante, produisant jusqu’au début du siècle 200 000 tonnes d’amiante. La production s’est effondrée sous l’effet conjugué de l’interdiction de l’amiante chez le voisin l’Afrique du Sud et de la corruption des entreprises et du gouvernement. Les mines de Shabanie-Mashava sont à l’abandon depuis quelques années et les travailleurs laissés à mourir de faim ou d’amiante. Quelques entrepreneurs sans crupules et proche du pouvoir envisagent de relancer ces mines et donc, « au cas où » de bloquer la Convention de Rotterdam. Il ne s’agit pas de redonner du travail à la population misérable et malade de l’amiante, mais de piller si possible une richesse potentielle.

Le Zimbabwe est le seul pays africain qui continue à soutenir l’industrie (potentielle) de l’amiante, allant jusqu’à créer un « Zimbabwe National Chrysotile Taskforce » (groupe de travail national pour l’amiante chrysolite), tout un programme.

Le Brésil, troisième producteur mondial d’amiante, et le Canada, ex-numéro un de l’amiante et de la propagande mensongère sur l’amiante, se sont tous deux abstenus.

Au Brésil une procédure auprès du Suprême Tribunal Fédéral est toujours en cours devant décider de la constitutionnalité de l’utilisation de l’amiante ; quatre ministères se sont positionnés pour l’interdiction de l’amiante (santé, travail, environnement et sécurité sociale), deux ministères (commerce et industrie) sont contre.

La Position du Canada est particulièrement cynique : c’est le Canada qui est responsable depuis dix ans de la non-inscription de l’amiante chrysotile mais, comme l’a déclaré ouvertement le ministre canadien de l’industrie Christian Paradis, les mines québécoises étant fermées, il n’y a plus d’intérêt commercial à défendre.

Ces pays n’en sont pas à leur premier essai, même si la Russie et le Zimbabwe siégeaient pour la première fois à la Convention de Rotterdam.

Le Zimbabwe et le Brésil s’étaient alliés au Canada en 2000, lorsque ce dernier avait entamé une procédure auprès de l’Organisation Internationale du Commerce (OMC) contre la France et la Communauté Européenne, pour tenter (vainement) de faire annuler l’interdiction de l’amiante en France.

La Russie a adressé en 2002, un document pseudo-scientifique intitulé « Jugement sur le problème de l’interdiction de l’amiante par un groupe d’experts gouvernementaux russes » à la Commission de la Communauté Européenne qui venait de décider de l’interdiction de l’amiante dans tous les pays de la Communauté, dans le vain espoir de les faire changer d’avis

 

 

 

Tag(s) : #L'international

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