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Adhérente à l'Andeva, Allo Amiante soutient et partage tout naturellement le communiqué de l'association nationale

 

   

Pénibilité 

L’Andeva et la Fnath participeront aux initiatives syndicales du 28 avril pour la prévention et la réparation de la pénibilité.

 

Comme elles l’avaient fait tout au long de la mobilisation sociale de l’automne contre le volet pénibilité de la réforme des retraites engagée par le gouvernement, la Fnath (Association des accidentés de la vie) et l’Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante) ont décidé de s’associer aux initiatives de la CGT, de la CFDT, de l’Unsa et de Solidaires, pour l’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance de la pénibilité.

 

Les deux associations de victimes du travail déplorent que la partie pénibilité de la loi votée en novembre dernier, comme les décrets d’application sur la pénibilité publiés le 31 mars, soient en contradiction complète avec les engagements du président de la République en faveur d’une réelle prise en compte de la pénibilité.

 

Cette réforme confond pénibilité et invalidité. Elle va plonger des milliers de travailleurs dans de sérieuses difficultés dès lors que, usés par les mauvaises conditions de travail, ils n’auront plus les aptitudes suffisantes pour se maintenir dans leur emploi.

 

Il suffit, pour être convaincu de ces sombres perspectives, de se reporter à la dernière publication de la Dares (la Direction des études et des statistiques du ministère du Travail), à propos de l’enquête Santé et itinéraire professionnel (Sip). On y apprend que 35 % des personnes âgés de 50 à 59 ans déclarent avoir été exposés pendant 15 ans ou plus à l’une au moins des quatre pénibilités reconnues comme portant atteinte à l’espérance de vie, ou à l’espérance de vie sans incapacité : travail de nuit, travail répétitif, travail physiquement exigeant, produits toxiques. 40 % d’entres elles déclarent  avoir cumulé au moins deux pénibilités physiques durant leur parcours professionnel.

 

De même, ces personnes exposées durablement à des pénibilités physiques sont en moins bonne santé : 24 % se déclarent limitées dans leurs activités quotidiennes à cause d’un problème de santé, contre 17 % seulement chez les autres seniors du même âge. Et, comme il fallait s’y attendre, elles sont moins souvent en emploi après 50 ans : 68 % seulement des personnes exposées à  au moins une pénibilité et 62 % de celles exposées à au moins trois pénibilités sont en emploi après 50 ans, contre 75 % des personnes qui n’ont pas été exposées.

 

Ces chiffres sont éloquents. L’Andeva et la Fnath s’interrogent d’ailleurs sur les raisons de leur publication tardive, en mars dernier seulement, c'est-à-dire lorsque la réforme des retraites a été entièrement bouclée. Pour une enquête lancée en 2006-2007 et dont les premières séries de résultats ont été publiées en janvier 2010, le ministre du Travail ne s’est pas précipité pour que ces données puissent alimenter les débats sociaux et parlementaires ! 

 

La Fnath et l’Andeva déplorent enfin que les décrets « pénibilité » soient encore plus restrictifs que l’esprit de la loi votée en novembre. Ils ferment un peu plus la porte aux départs anticipés en retraite pour les salariés victimes d’une usure professionnelle.

 

C’est injuste socialement, car ceux qui risquent de mourir plus tôt, ou de tomber malades plus tôt, devraient aussi cesser de travailler plus tôt.

 

Les deux associations de victimes du travail ne peuvent donc que s’associer aux initiatives syndicales du 28 avril pour faire de cette journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail un temps fort pour la prévention et la réparation de la pénibilité

Tag(s) : #Notre actualité

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