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Le débat pour tenter de répondre à la question: Les pesticides sont - ils " le dossier amiante"  du XXI ème siècle ? a tenu toutes ses promesses.

Après l'intervention des cinq intervenants, un large débat et d'échanges avec la salle s'est instauré. La certitude, de nombreux points similaires entre les deux formes d'exposition à été démontrée. Dans les deux cas, l'exposition est difficile à démontrer; dans les deux cas les pouvoirs publics sont concernés, dans les deux cas les mesures ne sont pas prises. . .

L'intervention d'Allo Amiante (premier intervenant), d'autres informations seront données ultétireurement 

Débat Public Athénée Bordeaux 16 novembre 2017

Interdit de fabrication et de commercialement depuis plus de 20 ans on pourrait s’y tromper ! le risque amiante n’est pas derrière nous, c’est toujours un sujet de santé publique qui doit préoccuper chaque citoyen. Sans tomber dans une psychose négative, la réalité de ce 16 novembre 2017 c’est :

  • Selon l’InVS 100 000 décès imputables à ce prédateur à retardement, sont attendus d’ici 2050 avec un pic dès les années 2020,
  • Selon l’ADEME, il reste sur notre territoire plus de 200 000 tonnes d’amiante libre et 20 millions de tonnes de fibrociments sous les formes les plus diverses.

Face à ce énième constat, nous menons une action à deux volets :

  •  La juste réparation de toutes les victimes de l’inhalation du poison au travail, ou à la suite d’une exposition environnementale ou passive, ces dernières étant, selon les dernières statistiques en forte augmentation.
  • L’élimination et l’éradication complète à la source, de l’amiante de notre territoire.

Globalement deux volets qui concernent les salariés toujours exposés, les populations les particuliers, et qui devraient interpeler les élus.

  1. Pour la réparation

Dans cette courte présentation, nous n’aborderons pas l’aspect médical et les pathologies imputables à l’amiante, nous y reviendrons si vous le souhaitez.

La reconnaissance d’une maladie professionnelle, est une démarche individuelle, elle implique que la pathologie soit inscrite dans un des tableaux de la SS (30 et 30 bis pour l’amiante), elle est aussi tributaire de la justification de l’exposition, matérialisée par une attestation d’exposition délivrée par l’employeur. Ce dernier point est une source de difficulté majeure, et récurrente souvent rencontrée au moment de la démarche médico / administrative que doivent mener les victimes. C’est aussi un facteur discriminatoire, et d’inégalité entre les salariés exposés.

 En effet, certains employeurs, se font tirer l’oreille, pour admettre qu’ils ont exposé leurs salariés et souvent sans protection. Les attestations d’exposition pourtant obligatoires législativement, sont généralement plus facilement délivrées, dans une entreprise structurée, lorsqu’une certaine pression est exercée sur l’employeur. Pour les autres salariés, et plus particulièrement pour les travailleurs isolés, c’est toujours plus compliqué, et entraîne trop souvent une intervention devant les tribunaux de la sécurité sociale.

Il existe toutefois un moyen de dépasser cet écueil. Lorsque, la présence d’amiante et les conditions d’exposition sont consignées dans, les PV de CHSCT, c’est une aide fondamentale qui vient corroborer les témoignages de collègues de la personne touchée, pour rappeler : non seulement la présence d’amiante sur les postes de travail, mais aussi le non-respect des règles, et de l’obligation de résultat en matière de sécurité que tout employeur doit à ses salariés., Autant d’éléments qui facilite la reconnaissance d’une maladie professionnelle

La remise en cause des CHST, englobés dans la création d’un CSE (comité social économique), va avoir des conséquences désastreuses pour la prise en compte des MP et pas seulement pour celles imputables à l’amiante.

  • Quelle place aura la santé au travail dans des réunions « fourre-tout » ?
  • Comment avec la particularité de pathologies qui ont une période de latence pouvant aller jusqu’à plus de 30 ans, les victimes du travail pourront faire reconnaître leurs droits, si la maladie se découvre plusieurs années après leur exposition ?

Mais cela va bien au-delà de la reconnaissance de la maladie professionnelle, car sans cette reconnaissance, il est impossible de solliciter la faute inexcusable de l’employeur. Qui est également un levier pour la prévention. On peut d’ores et déjà en mesurer les conséquences pour les futures victimes ou leurs ayants droit. Sans occulter qu’à terme le manque de repère finira par dédouaner complètement certains employeurs, péjorant du même coup, le fonctionnement même, et les recettes de la branche AT/MP de la sécurité sociale en facilitant les sous-déclarations de MP déjà très élevées aujourd’hui

Pour terminer ce point sur la réparation face à l’amiante deux mots sur le FIVA. Lors de sa création en 2002 il avait pour principal objectif d’apporter une réponse aux victimes de l’amiante d’une exposition environnementale, et qui ne pouvaient pas de ce fait se retourner contre un employeur pour obtenir réparation. Sur cet aspect, c’est une avancée sociétale essentielle, mais qui mériterait, en regard de l’utilisation qui en est faite, une profonde réflexion politique.

  1. Elimination de l’amiante

La question posée est de trouver une solution efficace qui permette d’éliminer sans risque les milliers de tonnes d‘amiante toujours présentes dans de nombreux bâtiments : publics ou privés, dans nos industries, nos écoles, nos hôpitaux, chez les particuliers, et trop souvent en dépôts sauvages, dans nos campagnes, ou nos rivières

Toutes les phases du traitement de l’amiante sont autant d’étapes à risque : le repérage ou diagnostic – les travaux de réfection ou de désamiantage – le transport et le traitement des déchets.

Il existe une législation très lourde pour les professionnels, parfois mal respectée ou contournées, mais pas grand-chose pour le particulier, sauf qu’il reste responsable de ses déchets

Il faut donner les moyens aux particuliers de régler la présence d’amiante en leur procession, en leur donnant la possibilité de le faire correctement en toute sécurité.

Pour le traitement des déchets amiante, il existe deux méthodes légales : l’enfouissement, et l’inertage par le biais de la torche à plasma, la seule en France à ce jour. Elle se trouve à quelques kilomètres de Bordeaux, à Morcenx dans les landes. C’est le seul procédé qui neutralise définitivement l’amiante et permet de le valoriser. Ce qui n’est pas le cas de l’enfouissement qui ne garantit rien pour l’avenir

Il s’élimine en moyenne annuellement 8000 tonnes par an, si nous continuons à faire du coup par coup, par l’empilage de décrets ou d’arrêtés, les générations futures parleront encore longtemps de l’amiante, ce qui corrobore les chiffres affolants rappelés au début de cette intervention.

 La réponse à cette problématique sans fin, impose une prise de position politique ferme. La CAVAM et Allo Amiante portent un projet nouveau que nous avons soumis aux ministères concernés. Nous proposons en argumentant la création du pôle public de l’éradication de l’amiante.

Enfin concernant le thème de ce débat, « les pesticides sont-ils le dossier amiante du XXIème siècle ? » on peut en regard, des dernières décisions et des orientations en matière de santé et de la médecine du travail, penser que cela en prend le chemin. Il y a un exemple significatif. Le compte pénibilité qui posait déjà pas mal de questionnement, viens d’être corrigé par les décideurs. Il devient Compte Professionnel de Prévention, ce changement d’appellation entraîne entre autres le retrait des agents chimiques, de la liste des expositions à risque. Ce qui enlève toute référence d’une exposition, et péjore un départ futur anticipé à la retraite. Pour les travailleurs exposés à l’amiante, la cessation anticipée existe depuis une loi de 1998. Bien qu’elle soit porteuse d’inégalité d’accès, cela a constitué une avancée extraordinaire qui s’est gagnée sur le terrain, mais que certains comme toujours voudraient bien voir revisiter à la baisse plutôt que d’en élargir l’accès

Tout cela démontre que les milliers de victimes de l’amiante n’ont pas servi d’exemple, c’est un non-respect à leur égard et à leurs familles.

Nous pouvons craindre que de recul en recul, avec le refus de la prise en compte des vrais enjeux de santé publique, l’histoire si nous ne réagissons pas aura malheureusement toutes les chances de se renouveler, avec son lot de souffrance, de malheur, d’injustice, au service du profit de quelques-uns

d'autres informations seront données ultérieurement 

 

Tag(s) : #actualité, #Présentation

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